ELECTIONS : L’APF INTERPELLE LES POLITIQUES

2012-04-05 18.15.16.jpgLa réunion publique organisée par l’APF le 05 avril dernier a réuni les représentant(e)s des partis politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite qui ont fait part de leur orientation politique en matière de handicap en abordant les divers engagements préconisés par le Pacte 2012 de l’APF.


Gilles Touillez, directeur de la délégation, a introduit la réunion en rappelant que la première loi réellement en faveur des personnes en situation de handicap date de 1975, elle permet de passer de l’assistance à la solidarité nationale envers les personnes en situation de handicap. Cette loi a vécu 30 ans, si elle a permis le développement de structures médico-sociales, de créer l’AAH (Allocation Adulte Handicapé) et ACTP (Allocation Compensatrice Tierce Personne), on voit bien qu’à son terme grand nombre de domaines ont peu évolués et restent en suspend. L’accessibilité est encore très réduite, la scolarité toujours difficile, l’emploi largement insuffisant, l’aide à l’autonomie et au maintien à domicile avance lentement.
Sous l’impulsion européenne, la loi de 2005 instaure à partir du projet individualisé la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) mais cela reste bien insuffisant au regard des besoins. Elle rend obligatoire l’accessibilité des ERP (Etablissements recevant du public) et des transports publics d’ici 2015. Elle met en place le droit opposable pour l’accueil obligatoire des enfants en situation de handicap à l’école de leur secteur. Elle renforce la loi de 1987 sur l’obligation d’emploi.
Mais le bilan est encore mitigé, c’est pourquoi, à la veille des élections, l’APF demande des engagements aux représentants des partis politiques sur 12 propositions qui constituent le socle pour une société inclusive, c'est-à-dire une société qui n’est pas là pour répondre aux plus grand nombre mais à tous et qui respecte le droit de chacun.

La candidate Limousin Terre de Gauche Marie Hélène Pouget-Chauvat du Front de Gauche prône l’humain d’abord. Elle revendique les mêmes droits pour tous, un environnement adapté et pour cela s’engage à la création d’un pôle public de l’autonomie comprenant transport, aides, élaboration d’un plan d’accessibilité, scolarité, logement.
Au niveau de la scolarité, elle propose de remettre les AVS en emploi pérenne, de développer une scolarité de proximité pour tous et la création d’établissements adaptés.
Concernant l’emploi, elle défend l’application des lois existantes dans le privé comme dans le public.
Par rapport à la vie affective et sexuelle, elle s’oppose à la marchandisation du corps humain, mais est favorable à une aide avec une profonde analyse sur le sujet car la vie affective et sexuelle est indispensable à tous.
Elle souhaite que l’AAH soit égale au SMIC, défend la suppression des franchises médicales, la création d’un 5eme risque financé par la solidarité nationale, une vraie prévention et droit au répit pour les aidants familiaux. Elle voudrait développer une politique de non discrimination.

Son suppléant Aymeric Martin du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) veut une société inclusive pour tous, c’est à dire une société avec des services publics de proximité.
Il souhaite l’alignement de l’AAH sur le SMIC et le développement de l’inclusion pour favoriser les contacts entre les individus. Il rappelle la nécessité du maintien d’un service public de la santé pour tous.

Pour le Parti Socialiste, Eric Correia représentait Michel Vergnier, il a souligné le manque de financement pour une France accessible, malgré cela Guéret a tout de même engager 35000 euros pour l’accessibilité. Il propose le versement d’une aide aux communes pour les travaux d’accessibilité.
Il a rappelé l’engagement du Parti Socialiste d’œuvrer au maintien à domicile avec l’aide de la domotique en donnant un appui financier et technique.
Côté transport, l’étude est en cours.
Concernant la scolarité, le PS table sur la formation des enseignants et des AVS avec des emplois pérennes.
Sur le travail, il demande le respect du quota d’embauche à 6% à compétence égale.
Quant à l’AAH, le PS souhaite l’aligner progressivement au SMIC et il prévoit la remise en chantier de la PCH avec tous les acteurs et la création d’une 5ème branche de la sécu pour assurer le risque de la dépendance et le besoin d’aide à l’autonomie.
Sur le plan de la santé, il faut revoir le financement, il doit y avoir un service d’urgence à moins de 30 minutes, une maternité à moins de 45 minutes.
Il souhaite aussi l’engagement d’un débat avec les associations concernées pour trouver des réponses à la question de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap.
Par rapport au soutien à apporter aux aidants familiaux, le PS propose la création de structures d’accueil de jour.

Eric Daubechies, candidat du MODEM, veut rendre effective la loi sur l’accessibilité avec une cartographie. Il propose la création d’un ministère de l’égalité et demande un référendum de moralisation suite à l’élection.
Il soutien le besoin d’une réflexion sur le respect de l’emploi et sur la vie affective et sexuelle des personnes handicapées afin d’apporter des solutions adéquates.
Il souhaite favoriser l’intégration des personnes handicapées à l’école.
Il faut repenser la santé et donner priorité à la prévention, les services de soins doivent être présents sur tout le territoire.
Pour les aidants familiaux, il propose la mutualisation et la solidarité nationale.

Cyril Victor, représentant Jean Auclair de l’UMP, a déclaré qu’il n’y aurait pas de moratoire concernant l’obligation de mise en accessibilité et que la loi de 2015 serait appliquée.
Dans l’éducation, on continuerait à favoriser l’intégration avec l’aide des AVS.
Concernant l’emploi, serait maintenue la contribution versées par les entreprises si le quota des 6% pour les entreprises de 20 salariés et plus n’est pas respecté.
Cyril Victor rappelle que pour l’AAH une augmentation de 25% a déjà été acquise (760 euros).
Une amélioration de l’accès aux soins sur le territoire est en vue, et la discussion sur l’autonomie est ouverte concernant la prise en charge avec des priorités budgétaires.
La vie affective des personnes en situation de handicap devra faire l’objet d’un débat avec associations.

Martial Maume, candidat du Front National, estime que l’accessibilité doit faire appel à la solidarité nationale pour le public et aux subventions pour le privé. Les travaux d’accessibilité doivent être effectués en concertation avec les associations.
Le maintien des services publics est important, il faut revitaliser les zones rurales avec les services publics (transport, hôpitaux).
Sur la scolarité, il faut renforcer la formation des enseignants et revoir le statut des AVS, il faut aussi créer des établissements adaptés.
Concernant le travail, le candidat estime que c’est une période défavorable pour le travail.
Quant à la vie affective, elle est un problème mineur et est du domaine de la vie privée.
Il propose une augmentation de 33% sur 5 ans de l’AAH, veut lutter contre la fraude notamment avec l’instauration d’une nouvelle carte vitale.
Le Front national s’engage à lutter contre la maltraitance des personnes handicapées et à développer les soins à domicile.

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